2010-08-01

« Errare humanum est, perseverare diabolicum »



« Il est humain de se tromper, persévérer est diabolique ».

Il serait judicieux d'appliquer cette sentence aux sociétés, quelle que soit leur taille, petites communautés, grandes nations...
Les sociétés, dès l'instant où elles alimentent leurs membres par des interrelations baignées dans un flux de prêt-à-penser, se comportent comme des entités autonomes où les individus perdent une bonne part de leur liberté de jugement et de leur choix de décision.
Il arrive néanmoins couramment que les victimes des erreurs des sociétés fixent leurs colères sur les membres de la société. Pourtant, si au cours d'un combat corps à corps, le blessé s'en prenait aux « cellules » de son adversaire, le raisonnement paraîtrait quelque peu étrange.
Les sociétés ont un « esprit » engendré, non seulement par leurs membres, mais aussi par l'interaction avec d'autres sociétés. Cet esprit qui correspond au meilleur choix du moment pour sa survie est souvent entretenu à la fois par les dominants qui en usent et abusent, et par la rétroalimentation des membres qui entretiennent le courant.
Les dominants seraient en quelque sorte des « tumeurs » du cerveau qui au lieu de se contenter de diriger l'organisme, se servirait de son pouvoir pour favoriser prioritairement leur propre bien-être.
Quant à la rétroalimentation des cellules, elles se justifient par le fait qu'elles ne sont pas au courant de la manière dont sont prises les décisions du cerveau. Elles sont censées faire confiance à l'organe directeur et donc propagent en toute « bonne foi » et sans contrôle l'information reçue qui est en général un schéma simplifié de concepts initiaux. Les cellules n'ont pas le droit de se révolter sinon elles sont expulsées de l'organisme quand elles ne sont pas tout simplement exterminées. Il en est de même pour les individus qui ne peuvent passer leur temps à critiquer toute information reçue. En temps normal, c'est-à-dire hors mutation, ils font confiance souvent aveuglément aux « sages » (religieux, philosophes, politiques, scientifiques, diplômés, doyens...) et à leurs « évangélistes » (prêcheurs, journalistes...).
Ces considérations permettraient peut-être à désenvenimer tous les livres d'histoire qui s'appesantissent sur les défaites et les invasions de tout type. Les sociétés commettent des erreurs quasiment comme des entités vivantes. À l'intérieur de celles-ci, la majorité qui n'est ni héroïque, ni martyre, ni crapule suit le courant qui les guide, persuadée d'avoir agi comme il le fallait.
Comme un être vivant, la société apprend, souvent de ses erreurs. Erreurs de jugement, erreurs de stratégie... Est-il « social » de se tromper ? Dans ce cas, par analogie, les erreurs de société, ne sont-elles pas « excusables » si elles se sont développées à l'ombre de l'ignorance et ne deviennent-elles pas condamnables si cette société persiste malgré tout à la lumière de la connaissance. La compréhension des comportements tant humains que sociaux devrait donc nous apprendre à mieux gérer les crises de l'Histoire, mais en entretenant le dépit, la revanche, la haine... l'humanité persiste à persévérer... diaboliquement.