2012-06-19

Système monétaire écologique

Idées pour la création d'un étalon monétaire planétaire indépendant des pouvoirs économiques.

Dans l'esprit de Respecter toute intelligence ainsi que son support (première loi de la Charte de Hôdo), dans l'esprit de maîtriser la dominance, le projet Hôdo propose un nouveau système économique qui évite d’une part le gâchis écologique et d’autre part l’injuste ingérence monétaire et financière des pays dominants à l’encontre des autres ?
Les trois piliers de la mécanique sont la longueur, la masse et la durée. Toutes les autres mesures mécaniques s’expriment au moyen de ces trois grandeurs. Il en est ainsi pour l’énergie, omniprésente dans toute la physique. Ces étalons n’évoluent pas au gré des politiques ni même des techniques. Les progrès scientifiques ne conduisent qu’à plus de précision et plus de fiabilité quant à la définition d’un étalon.
L’énergie est partout dans notre univers, et le travail, qui participe à la transformation d’énergie utilise les mêmes unités. Même la masse est une forme, une manifestation, d’énergie. Ainsi, l’énergie semble tout indiquée pour servir de référentiel monétaire.
La vie est elle-même un perpétuel échange d’énergie. Les êtres vivants dits évolués, dont fait partie l’homo sapiens, ne cessent de vampiriser les moins évolués. Cette règle qui se manifeste même entre homo sapiens commence déjà à l'aube de la vie en se contentant d’énergie « brute » : solaire, géothermique...
Pour acquérir l’énergie dont nous avons besoin, nous devons fournir une série de travaux : bouger notre corps pour capturer la proie, assimiler cette dernière, en rejeter les résidus... Mais nos exploits ne s’arrêtent pas là grâce à notre superbe intelligence. Avant que le rendement soit un leitmotiv de la société de production à la gloire de la consommation, les êtres vivants connaissaient intuitivement ce principe de base de la thermodynamique. Éviter de travailler de trop pour gagner peu ! Même la paramécie dépourvue de cervelle semble l’avoir compris !
Limiter la déperdition d’énergie est aussi capital. Tellement capital qu’il est à la base de notre civilisation et même d’un régime économique : le capitalisme ! C’est pour éviter les pertes thermiques que nous nous sommes voilé nos nudités d’animaux tropicaux à poils raz et épars. C’est pour augmenter artificiellement notre puissance (c'est-à-dire d’augmenter la rapidité d’exécution de notre travail digestif, constructif et autre) que nous avons maîtrisé le feu. C’est pour cela que nous avons développé outils, culture et élevage. C’est pour cela enfin que nous avons réuni ces trois talents en une seule invention : l’esclavagisme sous toutes ses formes !
Dans tout cet étalage de compétences qui met l’homme à la première place de l’évolution (par autocélébration), il n’y a qu’un seul commerce : l’énergie. Ne jetons pas la pierre à nos ancêtres, le concept d’énergie, et par la suite de conservation d’énergie, ne fut perçu que très tard dans notre Histoire. La monnaie fut inventée pour gérer ce flux au fur et mesure que les sociétés devenaient complexes. Mais la société industrielle l’a oubliée, ou plus précisément l’esprit de dominance l’a occulté. Watt aurait pu dire : à travail égal, coût égal !
Une monnaie, tout compte fait virtuelle avant l’heure, basée sur le prétendu étalon qu’est l’or évalué par la monnaie même, n’a de sens que ce qu’on veut lui donner. Or, qui est-ce « qu’on » ? Et comment pourrait-il jouer sur la valeur du joule, de l’erg, ou de l’électronvolt ?
L’actuelle monnaie est engendrée au gré des besoins dans des Trésors sans fin. Ce n’est pas le cas de l’énergie. Contrairement à certains slogans publicitaires, personne ne crée de l’énergie. Nous la prélevons de son capital (celui-là qui appartient à la planète) pour la mettre plus facilement à disposition.
Le capital de la Terre est en permanence (du moins pour assez longtemps) alimenté par le Soleil. Ce dernier ne connaît pas les allocations familiales et éclaire impartialement tous les enfants qui vivent sous les mêmes cieux. La gravitation se charge de répartir les richesses de la planète. Et finalement, là où la vie est possible, l’homme est déjà gratifié d’un revenu minimum vital sans que ce soit un généreux cadeau social.
Les mesures biologiques démontrent que nos besoins énergétiques sont peu différents d’un individu à l’autre, d’un à dix entre les deux extrêmes que représentent le nourrisson et le bûcheron ! Dans notre monde économique, l’écart qui sépare le gavroche du capitaine de multinationale est impudique !
En attendant, ce qui donne droit à l’être humain d’être vivant c’est la rétribution de son travail. Or, une unité de travail coûte la même énergie quel que soit l’habitant de cette planète. Le Joule est identique dans l’hémisphère nord ou sud, à l’occident ou à l’orient. C’est le premier point à établir.
Que les contremaîtres se rassurent : dans cette optique, la paresse engendrant moins de travail, donne moins de salaires. Mais il faut bien rappeler que toute personne intelligente essaie d’être la plus paresseuse possible. C’est l’une des raisons d’être de nos gros cerveaux de rentabiliser nos efforts, c'est-à-dire de gagner le maximum d’énergie en faisant le moins possible. En fait, ce n’est pas tant l’effort fourni dans une tâche, qui devrait être payé, mais le bénéfice énergétique qui, lui, représente une valeur marchande.
Malheureusement la jalousie, l’envie et la méfiance sont sûrement des valeurs qui se partagent plus facilement et équitablement à travers les âges et les cultures. Ces critères psychologiques s’abriteront aisément dans la fameuse règle commerciale de l’offre et de la demande, sanctifiée par de savants calculs statistiques des « sciences » économiques.
Pourtant, l’idée de la rareté et de son prix existe réellement dans la nature. Même au niveau du noyau, les physiciens ont montré une étroite relation entre la fréquence des éléments dans l’Univers et le coût énergétique pour construire les noyaux de ces éléments.
Peut-être faudrait-il, à l’instar de la biophysique jusqu'à l’astrophysique, créer l’écuphysique. Cette science aurait alors la mission non seulement d’introduire une monnaie moins spéculative, mais surtout plus écologique, car elle étudierait les véritables coûts de toute l’activité humaine dans un environnement complet.
Elle pourrait évaluer quel est le véritable prix d’une bouteille en plastique jetée à la mer depuis le pétrole dont elle est issue. Peut-être découvririons-nous au grand dam des producteurs-distributeurs que nous vivons au-dessus de nos moyens, qu’écologiquement, nous sommes surendettés. Et tout cela, pour satisfaire une minorité, qui, paradoxe, clame bien haut leurs convictions démocratiques, et qui devant un tel projet vont lancer des arguments dans le style : « mais que faites-vous de la valeur affective, de la liberté de vendre, de se différencier » (tiens ! là, ce serait autorisé ?)...
Elle pourrait peut-être aussi révéler que tous les conseils « écologiques » ne sont peut-être pas de si bonnes solutions.
L’idéal hôdon est dans l’Intelligence. Plus nous serons à même de déjouer toutes ces petites « hypnoses » qui rendent bien sagement consommateurs, les plus nantis, bien sagement, esclaves, les autres, alors, plus nous pourrons balayer tous les prêt-à-penser afin d’aller toujours plus loin dans notre quête d'Humain dont le but nous échappe, mais qui passe par le bien-être de chacun.
Avant tout, sans vouloir juger du communisme en soi, il ne faut surtout pas oublier que son échec tient probablement plus à l’isolement de son modèle qu'à ses erreurs, d’ailleurs probablement exacerbées par l'enfermement défensif derrière ses murs et ses rideaux de fer. D'une part, les communistes savaient que leur théorie n’avait aucun sens en dehors de toute « internationale ». D'autres part, les maîtres du capitalisme savaient très bien qu’un chien acculé montre les dents, et dès lors, il était facile de l’accuser de la rage. Cela doit servir de leçon aux humanistes de demain. La plupart des projets économiques n'ont de sens que s'ils sont mondiaux, et l'opposition pour garder des privilèges sera toujours très active.
Pourtant, la mondialisation galopante offre l'opportunité d’étalonner la monnaie. Il ne s’agit pas là d’une idée plus utopique que celle qui consista à figer poids, longueurs et volumes pour « protéger » le commerce. Aujourd’hui, il ne viendrait à l’idée de personne de dévaluer le kilogramme pour vendre plus cher une tonne de matériel !
Heureusement, nous ne sommes plus seuls à penser et oeuvrer pour bousculer l'« Ordre économique » établi: d'autres organisations proposent une nouvelle forme d'économie comme Insolido.